Alors que le serious game bat son plein pour nos étudiants en Bachelor Ressources Humaines, nous avons posé quelques questions à Maxime Blanc !

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Je m’appelle Maxime Blanc, je suis consultant en systèmes d’informations et je suis également formateur dans le supérieur pour la visualisation de données, la conception de bases de données, le machine learning et la data science. J’anime aussi des formations CESIM qui sont des simulations de business game sur plusieurs produits et scénarios, dont SIMBRAND que j’anime aujourd’hui à Sciences-U Paris.

SIMBRAND étant un simulateur de stratégie marketing sur de la vente de téléphones portables sur les marchés européens et asiatiques où les étudiants doivent prendre la place de Tim Cook, le PDG d’Apple, et arriver à vendre des IPhones ou des téléphones d’entrée de gamme, à leur convenance, sur l’ensemble des marchés.

Le serious game c’est quoi ?

C’est une simulation sérieuse d’un jeu ludique. C’est-à-dire qu’on gère une entreprise d’une manière extrêmement réaliste mais ça reste une gestion virtuelle, donc sans conséquence dans la vraie vie.

C’est une compétition, on ne joue pas contre un ordinateur qui aurait un jeu de règles qu’on finirait pas comprendre, mais on joue contre les autres étudiants en compétition directe. Et les humains ont des réactions et des décisions beaucoup plus incertaines et beaucoup moins prédictibles qu’une machine.

Donc on retrouve l’esprit de compétition et le sérieux de la simulation, parce qu’il faut maîtriser des sujets marketing, de comptabilité, bien comprendre les stratégies possibles pour vendre les produits mais ça reste un jeu !

Quels sont les objectifs pour les étudiants ?

C’est de terminer premier, sur le critère du chiffre d’affaires réalisé sur les 9 tours de jeu. On fait 2 tours par jour, un à midi et un à minuit pendant une semaine, du lundi au vendredi. Ceux qui auront gagné le plus d’argent à la fin, en vendant le plus de téléphones, auront gagné.

Quant aux objectifs pédagogiques, on souhaite qu’ils en retirent l’expérience de gérer une entreprise en groupe. Gérer une entreprise, parce que ce sont plein de sujets qui peuvent être séparément très simples, mais qui, mis bout-à-bout, ont une forme de complexité qui n’est pas forcément facile à appréhender. Souvent elles sont enseignées avec des matières séparées, vous avez un professeur pour la compatibilité, un professeur pour le marketing, un professeur pour la stratégie d’entreprise, etc. Là, c’est tout en un, et tout en même temps.

C’est comme dans la vraie vie, une véritable entreprise ça ne s’arrête pas et ça ne peut pas être pensée de manière cloisonnée comme ça peut l’être enseigné aujourd’hui. Et cette pratique en mode projet, tour par tour, tours par jour, et en groupe et en esprit de compétition fait que, finalement, on est dans une seringue d’activité assez forte, on est dans le stress et en même temps dans l’excitation de la compétition et on appréhende d’un seul coup toutes les complexités des opérations.

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Et il faut produire un jeu de décisions pour le tour qui soit à la fois lancer des nouveaux produits, trouver où les vendre, à quel prix, avec quel niveau de publicité, comment on va positionner les vendeurs pour les particuliers : il faut tout décider en même temps. Et ce tout doit être cohérent, efficace, dans des budgets maîtrisés. C’est cette expérience là qu’on veut qu’ils acquièrent à la fin de la semaine.

Quelles sont vos attentes ?

Qu’ils sortent vendredi, en fin de dernier tour, en ayant compris la dynamique globale de ces opérations, qu’ils sachent la réexpliquer, et qu’ils la maîtrisent. Je ne leur demande pas d’être absolument expert en marketing, en construction de force de vente. Je leur demande d’avoir compris les dynamiques globales : comment on dessine un produit et pourquoi on le fait, comment on construit une organisation de force de vente et pourquoi on le fait, dans quelle mesure on arrive à déterminer un prix de vente, qu’est-ce qui permet de comprendre un marché, etc.

C’est la logique sous-jacente à l’ensemble qui m’intéresse, ce n’est pas la maîtrise des concepts. Parce que sans cette maîtrise-là, il ne peut pas y avoir de maîtrise des concepts. On ne veut pas de théoriciens, on veut des bons praticiens, et c’est ça qu’on obtient à la fin de cette semaine.

Un conseil à donner aux étudiants ?

Rester motivé, et bien rentrer dans les détails : le diable est dans les détails. Ceux qui réussissent sont ceux qui auront compris en détail le fonctionnement des choses.

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Pourquoi intervenir dans une école comme Sciences-U Paris ?

Parce-que je trouve que les étudiants dans le supérieur ont cette motivation extrêmement forte une fois qu’ils sont dans la filière qu’ils ont choisie, pour se consacrer aux matières de leur future carrière. Et en même temps, cette motivation de prendre à bras le corps n’importe quel défi qui se présente à eux, même si ce n’est pas dans leur zone de confort et d’y arriver. Rien que pour ça, c’est le bonheur d’enseigner dans le supérieur.

Et en particulier dans des écoles qui forment dans des filières sélectives et très précises, avec des objectifs de carrière qui sont nets. Les étudiant qui sont là savent pourquoi ils sont là. Et nous, on les sort de leur zone de confort pour leur montrer qu’ils sont capables d’en sortir.

Vous évoquiez le machine learning en début d’entretien, quelle est, selon-vous, l’avenir de la relation entre technologie et RH ?

Je pense que la digitalisation de nos vies, de nos carrières, de nos modes de fonctionnement en ayant des interactions de plus en plus fines avec les machines qui nous entourent, et en même temps que les machines qui nous entourent sont de plus en plus intelligentes, pourront amener les RH à avoir des leviers beaucoup plus quantitatifs dans leurs process de décision, eux qui ont toujours été dans du qualitatif.

Cette quantification des ressources humaines me semble aider à avoir des décisions qui sont plus justes et plus faciles à partager. Ça ne remplacera pour moi jamais l’humain, ça facilitera par contre grandement l’interprétation, la finesse d’analyse, et la pertinence des actions.

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